Une vie de prof

Mon blog à moi

18 juillet 2008

Au revoir

Au revoir, chers lecteurs, cette année infernale s'arrête enfin...
J'ai visité mon nouvel établissement: les salles de classe ont vue sur le vignoble alsacien, le village est charmant. Magnifique, même. Pourvu que les trajets ne m'assomment pas trop; c'est quand même assez loin de Strasbourg et la ligne n'est pas très bien desservie. Je sens que je vais faire pas mal d'heures de présence au bahut ou élire domicile chez les producteurs de Riesling ou chez les pâtissiers du coin!
J'ai été une dernière fois dans mon bahut à la dérive. Pas de véritable au revoir; j'ai quitté tout ce beau monde un peu déçue de tant de froideur. Mes autres collègues mutés ne se sont même pas déplacés. J'aurais dû faire comme eux.
J'ai reçu un courrier peu flatteur du rectorat et je repense à cette brochette d'hypocrites qui me le vaut. Bizarre. Là où je vais, on me déroule presque le tapis rouge et ici on me lance des pierres alors que l'année est ter-mi-née. Bien entendu, j'ai écrit une réponse à cette direction des ressources inhumaines. Car inhumain, il faut l'être ici. C'est la norme. Pour subir sans broncher l'agressivité des élèves et le mépris de la hiérarchie. Pour reprocher au personnel dépressif de ne pas faire assez d'efforts. Pour mentir à propos de ses collègues, leur inventer des histoires, les enfoncer après les avoir flattés, les dénoncer.
Si je pouvais me ramasser un blâme comme cadeau d'adieu, ça me ferait vraiment plaisir.

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J'arrête ce blog plein d'amertume et de colères.

Posté par ProfAnonyme à 19:36 - Enfin les vacances! - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Homo homini lupus

L'Homme est un loup; il suit la meute.
L'Homme est un chien; il obéit à son maître.

Ces comportements sont malheureusement trop répandus.

Posté par ProfAnonyme à 16:25 - Ambiance au boulot - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juillet 2008

Positivons!

Un des derniers commentaires publiés ici regrettait l'absence de mots doux parmi ma liste de paroles entendues cette année. J'avoue que j'ai entendu du positif, mais souvent il n'était que vile flatterie. La direction et la sous-direction m'ont quasi tenu les mêmes propos, c'est dire que c'était sincère! J'ai souvent du mal à croire l'élève qui me dit que je suis une bonne prof, surtout quand je vois comment il se comporte à mes cours. Il arrive que certains compliments soient sincères, du moins je le crois.

J'ai reçu, ici, un gros bouquet de fleurs pour un anniversaire (les élèves avaient réussi à me faire avouer mon âge au jour près!) J'ai aussi reçu des lettres, des poèmes. Des chocolats de la part d'une de mes élèves les plus infernales. J'ai vu des mines réjouies d'anciens élèves dans la rue ou dans les couloirs de l'établissement.

J'ai vécu des fêtes -ou plutôt des beuveries- mémorables avec les collègues. Aucun digne représentant de l'institution n'osait s'y montrer. Je me rappelle en particulier d'une soirée à laquelle notre nouvel adjoint a essayé de se joindre, à une heure déjà bien avancée. Il est entré dans la salle, est resté trente secondes et est reparti. Trop déjanté pour lui.

Posté par ProfAnonyme à 19:30 - J'aime - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juillet 2008

brevet des collèges

Diplôme National du Brevet (DNB) comme on dit maintenant.
Maintenant que j'en ai corrigé l'épreuve de français des séries techno, je ne comprends pas pourquoi il a été réintroduit dans les années 1980. Ce diplôme ne sert à rien et ne sanctionne rien. Le barème permet à tout élève qui ne serait pas profondément débile ou non-francophone d'avoir la moyenne.
J'ai été de correction du DNB. La veille, nous, les correcteurs, étions convoqués pour affiner le barême en présence d'une inspectrice, ce qui a finalement pris plus de temps que la correction en elle-même, le lendemain. 
Comme tout ça était mal organisé, quelques collègues avaient commencé à corriger sans avoir le barème, ce qui n'est pas plus mal. J'ai profité de ma présence -par erreur- à la barémisation du DNB "normal" pour constater qu'il y a une différence notable dans les exigences entre les différentes séries. Et après, les deux s'appellent "brevet des collèges". Pas très normal... Pas très grave non plus; il y avait beaucoup de questions technicistes sur la valeur des temps ou autre caprice de grammairien sorbonnard.
Peut-on en vouloir aux élèves de ne pas y arriver?

Pas de bêtisier cette année. Les élèves ont parfois raison d'en écrire. Ce que je ne supporte pas, c'est la disparition organisée de la culture dans l'enseignement.

Posté par ProfAnonyme à 10:16 - Le boulot - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juillet 2008

Résultats

En BEP, c'est catastrophique! De 30 à 60% selon les classes... Il ne faut pas s'étonner: quand on arrive au mois de novembre avec des moitiés de classes et qu'on n'y trouve rien à redire, qu'on passe plus de temps à faire du social, à vouloir "aider" ou "comprendre" les élèves, voilà où on arrive: échec sur toute la ligne. Surtout pour les élèves qu'on voulait soi-disant aider...

Posté par ProfAnonyme à 17:23 - Trop nul - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juin 2008

Encore les stages!

Bilan.

5 élèves à suivre:
- 2 chez des non-francophones
- ces deux-là ont disparu en cours de route (plus d'élève, plus d'entreprise, rideau baissé)
- 2 élèves qui ne savaient absolument pas ce qu'ils devaient faire sur leur lieu de stage et ne valideront donc pas toutes les demandes des matières professionnelles
- 1 élève qui a tout fait comme on lui a dit de faire, le temps qu'il fallait et où il fallait!

Posté par ProfAnonyme à 21:20 - Les élèves - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2008

Les stages [au secours]

Période de stage en ce moment dans les lycées professionnels; je croyais passer ce moment tranquillement, mais c'était sans compter sur l'ingéniosité de l'élève en période de formation en entreprise.

J'ai donc eu:

*la fausse information* J'appelle sur le lieu de stage où la seule personne à parler le français est... l'élève, qui m'annonce que je dois venir de suite car l'entreprise déménage et va fermer temporairement, voire définitivement. Je me déplace, tente de dialoguer avec l'adulte non-francophone dans un anglais approximatif et là j'apprends que le stage durera bien comme prévu.

*le tuteur non-francophone* Cette année, j'en ai quelques-uns. Chinois, surtout. Bon, ils maîtrisent l'essentiel: "tout va bien, l'élève travaille bien, pas de problème, passez quand vous voulez". Tant mieux et au suivant!

*l'élève perdu* Absentéiste toute l'année -surtout vers la fin- il ne sait évidemment pas ce qu'il doit faire dans l'entreprise et ignore tout des modalités d'évaluation sur place et après. Donc il panique au téléphone lorsque j'appelle, son tuteur s'interroge et moi aussi. Après vérification auprès du prof de professionnel, je suis rassurée; je ne vais pas devoir m'improviser prof de vente. Manquerait plus que ça!

Ces élèves ont dû sécher pas mal de cours parce que ça m'étonnerait qu'il existe un bac pro juste pour ranger de la marchandise dans les rayons et papoter avec le client. Ou alors si?

Posté par ProfAnonyme à 22:00 - Les élèves - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juin 2008

Mais qui parle de revalorisation des formations pro?

Qu'est-ce que c'est que cette blague? C'est un des mensonges récurrents de la classe politique française. Nous allons revaloriser les filières professionnelles. Tu parles!

Je viens juste de prendre connaissance du billet de Shakti où elle raconte comment on "oriente" les collégiens. C'est simple: t'en as marre de l'école, t'as un projet professionnel, mais comme t'es brave et que tu viens encore en cours sans agresser tes profs, ben t'iras pas en lycée pro. Parce que quand même, hein, le lycée pro, c'est pour les branleurs agressifs à moitié déscolarisés, tu vaux quand même mieux que ça; tu dois continuer en filière générale...
Apprendre un métier, c'est pour les cas soc' et vouloir apprendre un métier, c'est une preuve d'intelligence et les gens intelligents vont en Général. Point barre.

Il y a des académies où on raisonne comme ça. Il y a des inspecteurs généraux qui pleurnichent à longueur de rapports d'évaluation de l'enseignement français parce que les familles manquent d'ambition. Qu'est-ce qu'elles ont fait ces familles indignes? elles ont envoyé leur rejeton en CAP! La honte!! Un diplôme de niveau V alors qu'on veut 80% d'une classe d'âge au bac et 50% en bac+2. Le CAP, c'est pour les débiles, mettez-vous ça dans le crâne, c'est mon IPR qui me l'a dit.
Et bien, chers décideurs, je vous somme de faire installer votre éléctricité par ces CAP que vous aurez vous-mêmes orientés, de manger le pain fait par un fou qui aura pris la place de quelqu'un qui voulait faire boulangerie mais qu'on aura envoyé en général. Et qui se retrouvera au chômage.

Et c'est en région parisienne que ça se passe. Douze millions d'habitants. Douze millions de consommateurs d'électricité et de pain. Mais on ne trouve plus de bon ouvrier ni de bon pain à Paris. Ou si rarement...

Posté par ProfAnonyme à 11:33 - Trop nul - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juin 2008

Vous préférez le tableau vert ou le tableau blanc?

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Je sais, le choix est difficile...
Afin de faciliter votre décision, je vous donne une idée de l'environnement:
tableau vert: salle immense, mal insonorisée, donnant sur une rue très passante avec des fenêtres datant des années soixante. L'élève qui s'ennuie peut observer à loisir les habitants de l'immeuble d'en face.
tableau blanc: petite salle donnant sur cour, double-vitrage, mais malheureusement, les élèves ont toujours chaud donc on oublie (et quand il y en a aussi qui ont froid, ils se battent). J'ai oublié de préciser qu'il y a des travaux juste en-dessous, à la grande joie des esprits vagabonds.

Posté par ProfAnonyme à 16:55 - Le boulot - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juin 2008

Changement radical

Jusqu'à maintenant, mes élèves venaient d'ici:

Maintenant, ils vont venir de là:

maison1 maison2 maison3 maison4

Et ils seront plus jeunes.

Posté par ProfAnonyme à 13:05 - Les élèves - Commentaires [41] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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