Une vie de prof

Mon blog à moi

02 juillet 2013

Vivre loin de l'Education nationale

Je reviens donner de mes nouvelles, deux ans après avoir réussi à obtenir mon ticket de sortie.

 

Mon emploi du temps s'est profondément modifié, ainsi que mon humeur générale. Moi qui suis du genre à toujours voir la petite bête, qui adore me plaindre, je n'ai plus aucune matière à. Je viens d'expérimenter cela lors d'une rencontre entre différentes directions de mon ministère; j'étais la seule de mon métier, et la seule à n'avoir rien à dire de négatif à propos de mon travail.

Que ceux qui expérimentent chaque année les groupes de vacanciers composés de profs -comme j'ai pu le faire durant 15 ans- apprécient la chose! D'ailleurs je ferai tout pour ne plus me retrouver avec un enseignant lors d'un séjour; cette époque est révolue. Je ne veux plus les entendre durant mes vacances.

J'ai certes moins de vacances qu'un enseignant, mais huit semaines de congés payés, sans compter les jours fériés et les récupérations, suffisent largement à décompresser, surtout que ces journées ne sont désormais plus polluées par le travail: quand je rentre chez moi, je ne fais plus rien pour le boulot. Mon cerveau ne se met plus en alerte devant la télé, un magazine ou un livre, à la recherche du support pédagogique idéal pour une prochaine séance. Et pour moi, c'est inestimable.

Je prends mes congés quand je le veux. J'organise également mon travail comme je le veux; mes fonctions me le permettent. J'ai un travail intéressant, qui autorise de flâner, de fouiner, d'explorer... je suis les pistes que je veux et rends compte de mes recherches de la manière qui me sied. J'ai eu beaucoup de chance lors de la campagne de mobilité, car j'ai obtenu le poste qui me plaisait le plus.

Les relations avec mes supérieurs hiérarchiques sont harmonieuses. J'ai beaucoup de mal à dire "supérieurs" pour certains d'entre eux, car dans les faits ce sont des collègues. Je n'en ai rencontré aucun qui ne se soit autorisé un regard condescendant ou supérieur, du fait de son grade ou de son ancienneté. Selon le degré d'affinité que j'ai avec eux, je les tutoie ou les vouvoie. Jamais je n'avais tutoyé un adjoint -et encore moins un chef d'établissement- auparavant!

Je m'acclimate doucement à ce nouveau mode de vie. Mieux payée (50% de plus), mieux considérée, plus épanouie au travail, plus libre de mon temps... pour rien au monde je ne reviendrais en arrière!

La seule chose que je dois encore travailler, c'est la production d'heures supp: quand j'en accumule 7 heures et demie au compteur, j'ai droit à une journée de congé supplémentaire. Et ces journées libres en milieu de semaine pour faire les courses ou du shopping loin de la foule du samedi me manquent tout de même un peu.

Posté par ProfAnonyme à 18:15 - Commentaires [12] - Permalien [#]

Commentaires

    Bravo

    Tu en as bavé pour en arriver là. Je suis ravi que tu aies trouvé un boulot où tu t'épanouisses. Bises

    Posté par Philippe, 04 juillet 2013 à 22:23
  • Bonjour,

    Est-ce que je pourrais savoir quel travail vous exercez maintenant? Vous tenez à le garder secret?

    J'aimerais bien que vous me répondiez. Comme vous pouvez vous en douter, j'enseigne, mais je ne sais pas pour combien de temps encore.

    Bonne délivrance!

    Augusta

    Posté par augusta, 12 juillet 2013 à 21:17
  • Je découvre votre blog en commençant par la fin, donc.
    C'est vraiment très sympa, ces nouvelles deux ans après. Merci à vous.
    Je repars fouiller les archives!

    Posté par Marco, 26 juillet 2013 à 15:19
  • felicitations

    Bravo, moi aussi je cherche à quitter l'enfer de l'Education Nationale. La santé avant tout !

    Posté par patator, 27 juillet 2013 à 02:36
  • Merci à tous pour les commentaires!
    Je tenais également à prouver à certains anciens commentateurs (et critiques) que non, je ne suis pas "dépressive de nature" la preuve!

    @augusta: rien de secret, il suffit de lire les messages précédents et de venir s'inscrire sur le forum dont je parle. A bientôt, peut-être?

    Posté par ProfAnonyme, 27 juillet 2013 à 08:08
  • Bonjour, j'ai relu tous les messages et j'ai été voir les forums mais le métier est toujours difficile à identifier pour moi, tu parles de "future statisticienne" est-ce l'appellation exacte? Désolée mais je suis à la recherche de toute information....Merci

    Posté par brownie, 02 novembre 2013 à 12:10
  • Et pourquoi ne t'inscris-tu pas sur http://www.quitterlenseignement.org/ si tu es une enseignante qui cherche à se reconvertir?
    Oui, je travaille désormais dans la statistique publique

    Posté par ProfAnonyme, 02 novembre 2013 à 18:37
  • Tu en as de la chance; je t'envie; moi je passe le concours pr être prof; au début, ça me plaisait mais maintenant, je me rends compte que ce métier n'est pt-être pas fait pour moi; et les autres concours sont durs à réussir je ne sais pas quoi faire

    Posté par Gaelle, 09 décembre 2013 à 10:56
  • Je me joins à tous les commentaires, pour dire quasiment "merci" pour ce blog, qui donne un espoir. Un espoir d'en sortir.
    (Je fais partie des enseignants qui ne veulent plus. Ne peuvent plus. Et vont tout lâcher. Mais comment ?).

    Posté par Elle, 14 septembre 2014 à 12:25
  • Merci pour ce retour d'expérience

    Posté par académie, 04 janvier 2015 à 16:13
  • Il y a des portes de sorties

    Comme vous, j'étais prof (de langue) dans l'Education Nationale et j'ai réussi à la quitter définitivement et avec beaucoup de bonheur après un passage en ZEP où ma vie a viré au cauchemar. La solution ? Petite annonce sur la BIEP : la gendarmerie nationale recrute. Depuis j'ai des élèves super attentifs et agréables, le rêve, en somme. Pour ceux que cela intéresse, surveillez les annonces, ils recrutent ou vont recruter un(e) prof d'italien et un(e) d'anglais. Avis aux amateurs !

    Posté par Lisa, 24 septembre 2015 à 23:15
  • Pas facile d'être prof !

    Posté par Tietie007, 30 janvier 2017 à 22:40

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