13 juillet 2008
brevet des collèges
Diplôme National du Brevet (DNB) comme on dit maintenant.
Maintenant que j'en ai corrigé l'épreuve de français des séries techno, je ne comprends pas pourquoi il a été réintroduit dans les années 1980. Ce diplôme ne sert à rien et ne sanctionne rien. Le barème permet à tout élève qui ne serait pas profondément débile ou non-francophone d'avoir la moyenne.
J'ai été de correction du DNB. La veille, nous, les correcteurs, étions convoqués pour affiner le barême en présence d'une inspectrice, ce qui a finalement pris plus de temps que la correction en elle-même, le lendemain.
Comme tout ça était mal organisé, quelques collègues avaient commencé à corriger sans avoir le barème, ce qui n'est pas plus mal. J'ai profité de ma présence -par erreur- à la barémisation du DNB "normal" pour constater qu'il y a une différence notable dans les exigences entre les différentes séries. Et après, les deux s'appellent "brevet des collèges". Pas très normal... Pas très grave non plus; il y avait beaucoup de questions technicistes sur la valeur des temps ou autre caprice de grammairien sorbonnard.
Peut-on en vouloir aux élèves de ne pas y arriver?
Pas de bêtisier cette année. Les élèves ont parfois raison d'en écrire. Ce que je ne supporte pas, c'est la disparition organisée de la culture dans l'enseignement.
07 juin 2008
Vous préférez le tableau vert ou le tableau blanc?

Je sais, le choix est difficile...
Afin de faciliter votre décision, je vous donne une idée de l'environnement:
tableau vert: salle immense, mal insonorisée, donnant sur une rue très passante avec des fenêtres datant des années soixante. L'élève qui s'ennuie peut observer à loisir les habitants de l'immeuble d'en face.
tableau blanc: petite salle donnant sur cour, double-vitrage, mais malheureusement, les élèves ont toujours chaud donc on oublie (et quand il y en a aussi qui ont froid, ils se battent). J'ai oublié de préciser qu'il y a des travaux juste en-dessous, à la grande joie des esprits vagabonds.
24 mai 2008
(à garder dans un coin)
indemnités de départ en cas de démission
14 mai 2008
Qu'est-ce qu'il faut pas faire...
... pour que la direction se bouge!
J'ai été physiquement menacée par un élève qui a été à deux doigts de me frapper. Les circonstances? absurdes, comme souvent: j'ai demandé aux élèves de sortir leurs affaires, ce qui a été interprété par certains comme une intolérable provocation. Je me fâche, ils se fâchent. Il y en a un qui se lève et qui mime le coup de poing en disant "je vais la taper".
Je rédige mon rapport d'incident dans l'heure qui suit. Le lendemain: rien. L'élève est là, dans les couloirs et il se marre. Toute l'équipe est au courant car j'ai glissé mon rapport dans les casiers. Ce sont eux qui réagissent en premier, en refusant tous, sans concertation aucune, de recevoir l'élève en cours. Le CPE s'en émeut et leur demande des comptes. Ce type ne se rend même plus compte à quel point il est méprisé par les profs tant il couvre les élèves, perd les rapports, ânonne son mémo de psycho à chaque occasion.
A la mi-journée: toujours rien. Pourtant, le prof principal court après la direction, il est reçu par elle, je suis reçue par elle. "Oui mais vous comprenez, votre rapport il fait 5 lignes"
Ben oui, je vais quand même pas écrire un roman pour raconter 20 secondes?
Finalement, un miracle se produit: un conseil de discipline se prépare!
Ouaaaaaah! au moins le quatrième de l'année (alors que toutes les semaines, des collègues se font traiter de "sale arabe" ou de "sale pute")
Epilogue
l'élève a eu un sursis. Certainement grâce aux pleurnicheries du CPE. Et à la bienveillance de la direction.
05 mai 2008
Me revoilà
Dernière ligne droite, maintenant. Les élèves sont toujours aussi bavards et flemmards, mais vu ce qui reste à faire, ça va être supportable. Jours fériés et réunions diverses aidant, on ne va travailler que quelques heures par semaine -parce que les réunions, c'est du blabla qui n'aboutit jamais à rien. Dommage que je ne puisse pas faire comme les élèves pendant les cours: écouter mon lecteur MP3. Tant pis je dormirai les yeux ouverts-
De plus, beaucoup d'élèves préparent le BAFA, ce qui fait qu'on n'a pas nos classes complètes. Sans parler de ceux qui restent et qui trouvent qu'il est injuste de travailler pendant que les autres jouent à la marelle... et qui sèchent.
Résultat: 3 élèves dans une classe, 10 dans une autre.
Je crois que cette semaine, je vais bosser 3 heures en venant pour 12. En plus le 9, il n'y aura personne (que les profs!)
21 avril 2008
Culture G
Natacha Polony, dans nos enfants gâchés, raconte comment elle teste les connaissances de ses bourges d'étudiants en management: "Citez-moi un auteur par siècle, du XVIe à nos jours; puis un peintre par siècle. L'année dernière, un seul étudiant, sur les cinquante, a su me situer Montaigne au XVIe siècle (...) Douze ou treize ans dans le système scolaire, le si prestigieux baccalauréat, et Montaigne, de l'avis général, est contemporain de Victor Hugo... au XVIIIe siècle".
Les nouveaux programmes d'Histoire en LP nous demandent de faire de l'événementiel mais sans faire de chronologie.
S'il y a quelque chose que l'école égalitaire a réussi à faire, c'est de rendre tout le monde ignare. Je ne sais pas pourquoi je me plains du niveau de mes élèves de LP: apparemment, à Neuilly, c'est pareil. Le comportement de sauvageon en moins.
06 avril 2008
Mutations
Ça fait au moins la cinquième fois que je change l'ordre de mes voeux.
A chaque fois je me dis
c'est peut-être mieux dans cet établissement?
ou dans l'autre?
Celui-là, je le mets en 5 ou en 6?
Pourvu que je ne fasse pas de bêtise...
Faire totalement autre chose
Pas facile de décrocher, quand on est prof "généraliste". Je dis généraliste car je peux faire feu de tout bois; n'importe quel support peut être utilisé en histoire, en géo, en français. Après tout, je suis là pour ouvrir mes élèves au monde, à la littérature, à la culture, à l'actualité... Vaste mission.
Donc, si je prends un livre, n'importe lequel, il peut être utilisé en cours. Pareil pour les journaux, les revues... Aller à une exposition, au musée: idem. Tout le temps à l'affût de ce qui pourrait susciter l'intérêt de mes élèves.
Il y a bien des instructions un peu vaines à mon avis comme la lecture de l'image. Je suis pourtant une pro de l'image (depuis que je sais tenir un crayon, je dessine, je peins; je fais de la photo, je passe parfois des mois entiers au cinéma...) mais je ne sais pas faire cours sur l'image, je ne sais pas gloser là-dessus. D'ailleurs je trouve que ce sont souvent les images les moins intéressantes qui attirent le plus de commentaires embrouillés et pédants. C'est à force de lire les critiques de photos d'amateurs dans les magazines spécialisés que j'ai compris que je respectais moi aussi, sans le savoir, les règles de composition classiques. Mes parents m'ont traînée dans tous les musées d'Europe, et c'est donc ce que j'en avais inconsciemment tiré.
Mais le prof d'arts plastiques en sait sans doute plus que moi là-dessus. Je ne sais pas pourquoi les programmes désignent l'image comme un "discours" et nous obligent donc à l'enseigner, nous, profs de Français...
Et voilà que ça me reprend: réfléchir à la transmission.
Bref: je n'arrive pas à décrocher. Jamais. Sauf après le 15 août, quand il est déjà trop tard pour profiter des vacances.
02 avril 2008
Changer de rythme
Hier, en rangeant mon cartable, j'ai pensé à mettre des boules Quiès dans ma trousse, en pensant au chantier à côté du bahut. En pensant aussi à ma classe qui ne bosse pas -ou peu- et qui bavarde énormément. Il m'est déjà arrivé cette année de faire cours avec les oreilles à moitié bouchées. Comme ça, tout le bruit de fond est éliminé et j'entends tout de même quand on me parle.
Hier soir, dans mon lit, je me suis dit que j'aimerais bien m'endormir et tout oublier. Oublier de me réveiller, de me lever, oublier d'aller travailler, oublier mon nom, ma profession. J'ai eu une envie qui m'a fait peur.
Ce matin, j'ai repensé à mes boules Quiès et à tout le reste: ça devient vraiment n'importe quoi.
Il faut que je m'arrête avant de sombrer davantage.
Je suis allée faire cours à mes Terminales puis je suis partie.
Maintenant, je vais pouvoir m'endormir sans penser au supplice qui m'attend le lendemain. C'est déjà ça.
31 mars 2008
drôle d'état en ce moment
Je n'ai plus aucune envie d'aller travailler. Les élèves sont insupportables comme à l'accoutumée, mais ça ne me fait plus réagir. Madame, il faut crier, qu'ils me disent. Mais là, non, je n'ai plus envie de faire le Marine. Eux au moins, quand ils gueulent, ils sont obéis; il n'y a pas une flopée de garnements qui continue de sautiller devant eux en ricanant. Ou de bande d'ado potaches qui s'interrompt 10 secondes en les fixant anxieusement avant de poursuivre les bavardages dès qu'ils se remettent à parler normalement.
Ras-le-bol.
Je me demande si la dose d'antidépresseur que je prends suffit. Comment serait-ce sans? Et avec une dose plus forte? Parce que là, je me traîne pendant tout mon temps libre. Quand je rentre de cours, je dors. Quand je ne dors pas, je reste devant l'écran. Je regarde NCIS, Dead like me, Dexter, Desperate Housewives, Nip/Tuck, les 4400, Heroes, Medium jusqu'à épuisement puis je me mets au lit. Et le lendemain, ça recommence...