23 avril 2008
Le côté obscur de l'Humain
- Comment créer une conscience historique en étudiant une succession d'événements non reliés entre eux et en considérant que la chronologie, c'est une vision "étroite" de l'Histoire?
- Est-ce que faire croire qu'on a toujours tendu vers le Mieux, le Bien plutôt que de parler des horreurs passées rendra l'avenir meilleur?
Ce sont les questions que m'inspirent les nouveaux programmes d'Histoire prévus pour le bac pro 3 ans. On n'étudie plus les totalitarismes, on n'étudie plus le nazisme, mais le triomphe inévitable de la démocratie libérale. C'est vrai que Hitler et Staline, ça fait tache là-dedans. Hop, on enlève!
Vous avez la possibilité de lire ces programmes et de les commenter en cliquant ici.
21 avril 2008
Culture G
Natacha Polony, dans nos enfants gâchés, raconte comment elle teste les connaissances de ses bourges d'étudiants en management: "Citez-moi un auteur par siècle, du XVIe à nos jours; puis un peintre par siècle. L'année dernière, un seul étudiant, sur les cinquante, a su me situer Montaigne au XVIe siècle (...) Douze ou treize ans dans le système scolaire, le si prestigieux baccalauréat, et Montaigne, de l'avis général, est contemporain de Victor Hugo... au XVIIIe siècle".
Les nouveaux programmes d'Histoire en LP nous demandent de faire de l'événementiel mais sans faire de chronologie.
S'il y a quelque chose que l'école égalitaire a réussi à faire, c'est de rendre tout le monde ignare. Je ne sais pas pourquoi je me plains du niveau de mes élèves de LP: apparemment, à Neuilly, c'est pareil. Le comportement de sauvageon en moins.
20 avril 2008
Rions un peu des |nspecteurs...
J'ai trouvé ce rapport et [son commentaire] sur un forum, et j'adore!
"La séance a été préparée [étonnant pour un fainéant de tzr], les notions sont traitées avec rigueur [oha, le cours chiant]"
" Le professeur [c'est moi] conduit la classe avec une autorité bienveillante, et de façon très directive [nazi!], une classe tranquille [aucun mérite] dont les élèves prennent volontiers des notes [si en plus ils savent écrire, c'est trop facile]"
" Monsieur XXX est un professeur sérieux [chiant] qui veut assurer un enseignement solide [donc chiant aussi] à ses élèves"
"Le cahier de texte indique un avancement satisfaisant du programme avec des travaux pratiques réguliers [ouf]"
"Je recommanderais cependant des moments de recherche d'une activité pendant lesquels les élèves travaillent seuls [l'élève au centre patati, construit son savoir patata].
Il aurait été par exemple souhaitable de partir d'une situation
expérimentale afin de permettre la découverte du fonctionnement du
circuit RC, [l'aime bien les virgules placées n'importe où, ça fait intello] pour en faire construire progressivement une modélisation au moyen d'éléments connus des élèves."
[- Kévin : Tiens, un condensateur, comment cela peut-il bien fonctionner ?
- Dylan : Tu devrais essayer de le mettre en série avec une résistance
- Kévin : Bonne idée Dylan et puis on va brancher le tout aux bornes d'une source idéale de tension continue.
- Dylan : Comme ça, en analysant la courbe donnant la tension aux bornes du condensateur en fonction du temps, on connaîtra la loi mathématique qui régit la charge du condensateur!
- Kévin : Allons-y, ça va trop péter sa mère !]
" Je regrette donc que l'introduction de cette nouvelle notion soit uniquement théorique [a pas beau les maths], voire hors programme [le lapsus avec le "voire" est croustillant je trouve] pour la résolution analytique dont la teneur est pourtant précisée dans le programme [FAUX, je lui ai pourtant mis sous le nez]"
"Je l'inviterai à produire un questionnement nominatif [je le fais] afin de solliciter tous les élèves [ Kévin, qu'est ce que tu penses du condensateur ? Kévin, qu'est ce que tu penses du condensateur ? Kévin, qu'est ce que tu penses du condensateur ? Kévin, qu'est ce que tu penses du condensateur ? Samantha, qu'est ce que tu penses du condensateur ? Dylan, qu'est ce que tu penses du condensateur ? Johnattan, qu'est ce que tu penses du condensateur ? Johnny, qu'est ce que tu penses du condensateur ? Mickaël, qu'est ce que tu penses du condensateur ? tiens, ça sonne !] et à alléger la prise de notes des élèves [qu'est-ce qu'il est chiant ce prof, décidément !]"
"Je relève cependant plusieurs fois (...) l'exposé de notions hors programme [rien n'existe en dehors du saint programme, le programme est tout, le programme est un, le programme est la vie] comme le calcul de pH (...) selon une pratique de l'ancien programme [qui
était nul puisque c'était l'ancien, maintenant, on en a un nouveau, qui
est beaucoup plus mieux puisque c'est le nouveau, contrairement à
l'ancien, qui je le rappelle était pas beau].
"L'évaluation s'appuie sur trois devoirs surveillés et une interrogation de cours. Je suggèrerais ici plusieurs pistes:
- introduire de la progressivité dans l'évaluation écrite, même si
le professeur procède à des interrogations orales régulières des élèves
bâties selon le type "classes préparatoires" [les guillemets sont d'origine, un peu comme si elle se pinçait le nez en écrivant le mot]" [je dois faire deux interros écrites avant chaque devoir donc 9 notes]
- augmenter le nombre de devoirs en temps libre qui procèdent au
développement de qualités de réflexion ainsi que rédactionnelles des
élèves [3 DM par trimestre donc 12 notes]
- instaurer une évaluation des capacités expérimentales régulières [deux fois par trimestre donc 14 notes]
[- je recommande également à
Monsieur XXX de prendre chaque jour : 17 aspirines, 12 guronzan, 34
vitamines C et 14 doses de corticoïdes pour pouvoir corriger 420 copies par classe et par trimestre]
[Le nombre de notes conseillé
n'apparaît pas dans le rapport mais il m'a été communiqué pendant l'entretien, je vous jure que je n'ai rien exagéré]
"Je lui souhaite pleine réussite au concours de l'agrégation" [trop aimable]
Voilà, tout ça pour voir ma note passer de 42 à 41.
17 avril 2008
Examens en cours d'année (les Cécé.effe)
Ils sont arrivés en retard, comme c'est la coutume maintenant -arriver à l'heure, c'est un truc de bouffon-, se sont bruyamment installés là où était étiqueté leur nom, ont maltraité les ordinateurs qui ne voulaient pas démarrer assez vite, ont frappé les claviers récalcitrants, ont donné des coups de poings aux écrans. Tout ça, bien sûr, en s'interpellant à grosse voix.
Puis on leur a distribué les sujets. Au bout de cinq minutes, on pouvait repérer les absentéistes chroniques; ceux qui ne viennent jamais en cours et donc ne savent pas comment faire: ils ont demandé à sortir, à aller voir le CPE, leur prof, avaient oublié leur mot de passe, leurs procédures. Certains ont ainsi fait quelques balades dans l'établissement -il y en a un qui n'est d'ailleurs plus revenu-
Puis ça a été la valse des impressions: ils impriment cinquante fois le même document, ne comprenant pas que l'imprimante ne corrige pas d'elle-même leurs erreurs.
Et ils préparent un diplôme d'employé de bureau!
Après tout, j'ai bien des "comptables" qui ne savent pas diviser 100 par 4 sans calculatrice...
15 avril 2008
Bientôt la fin
La fin de l'année, pour commencer: les vacances approchent à grands pas, les élèves sont de moins en moins nombreux (ils manifestent, ces temps-ci). Puis viendra le mois de mai, avec ses jours fériés, ses ponts, puis juin, ses examens, ses corrections, ses visites de stage, ses résultats. Ses bêtisiers!
Puis le déménagement.
Quelques vacances ailleurs, quand même.
Et après, la fin du blog. Je l'espère. Ras-le bol de pleurnicher ou de me scandaliser jour après jour. C'est étrange comme la présentation d'une idée a plus d'impact lorsqu'on utilise l'anecdote. Photographier les copies de mes élèves a soulevé plus d'indignations que le fait de les recopier. Citer une phrase de mon inspecteur a été plus efficace que de résumer sa vision du cours idéal...
Pourvu que mon blog finisse comme celui d'une autre prof en ZEP: plus rien à raconter, à part se moquer des collègues qui trouvent insupportable ce qui est finalement... très supportable.
Réponse à la Toussaint.
(Pas de panique: j'ai un autre blog en gestation).
09 avril 2008
Il y a des jours où je fais vraiment n'importe quoi
comme par exemple mettre des draps de couleur pâle dans la machine et d'y rajouter un peu de javel "pour parfumer le linge". Et bien sûr, les torchons -très colorés pourtant- n'ont rien. Indemnes.
Le pire, c'est que je sais qu'il ne faut pas faire ça.
08 avril 2008
Ménage
Vu que je vais bientôt déménager, que c'est le printemps, j'essaie de faire un peu de vide dans mes placards. Je garde énormément de trucs qui ne font que prendre la poussière mais que je n'arrive pas à jeter. Pourtant, j'en balance des caisses et des caisses, je revends des tonnes de bouquins via internet, mais j'ai toujours autant l'impression de vivre chez un brocanteur.
07 avril 2008
L'|nspecteur a dit
Je fais écran avec mon savoir.
Il faut absolument que je le redise. Il m'a dit: "l'élève doit guider le cours, c'est à partir de
ses questions et réflexions que vous devez conduire votre séance. Vous
ne devez pas faire écran avec votre savoir."
C'est dans la catégorie "trop nul", mais uniquement parce qu'il n'y a pas de catégorie "je me gausse"
06 avril 2008
Mutations
Ça fait au moins la cinquième fois que je change l'ordre de mes voeux.
A chaque fois je me dis
c'est peut-être mieux dans cet établissement?
ou dans l'autre?
Celui-là, je le mets en 5 ou en 6?
Pourvu que je ne fasse pas de bêtise...
Faire totalement autre chose
Pas facile de décrocher, quand on est prof "généraliste". Je dis généraliste car je peux faire feu de tout bois; n'importe quel support peut être utilisé en histoire, en géo, en français. Après tout, je suis là pour ouvrir mes élèves au monde, à la littérature, à la culture, à l'actualité... Vaste mission.
Donc, si je prends un livre, n'importe lequel, il peut être utilisé en cours. Pareil pour les journaux, les revues... Aller à une exposition, au musée: idem. Tout le temps à l'affût de ce qui pourrait susciter l'intérêt de mes élèves.
Il y a bien des instructions un peu vaines à mon avis comme la lecture de l'image. Je suis pourtant une pro de l'image (depuis que je sais tenir un crayon, je dessine, je peins; je fais de la photo, je passe parfois des mois entiers au cinéma...) mais je ne sais pas faire cours sur l'image, je ne sais pas gloser là-dessus. D'ailleurs je trouve que ce sont souvent les images les moins intéressantes qui attirent le plus de commentaires embrouillés et pédants. C'est à force de lire les critiques de photos d'amateurs dans les magazines spécialisés que j'ai compris que je respectais moi aussi, sans le savoir, les règles de composition classiques. Mes parents m'ont traînée dans tous les musées d'Europe, et c'est donc ce que j'en avais inconsciemment tiré.
Mais le prof d'arts plastiques en sait sans doute plus que moi là-dessus. Je ne sais pas pourquoi les programmes désignent l'image comme un "discours" et nous obligent donc à l'enseigner, nous, profs de Français...
Et voilà que ça me reprend: réfléchir à la transmission.
Bref: je n'arrive pas à décrocher. Jamais. Sauf après le 15 août, quand il est déjà trop tard pour profiter des vacances.




