Une vie de prof

Mon blog à moi

31 mars 2008

drôle d'état en ce moment

Je n'ai plus aucune envie d'aller travailler. Les élèves sont insupportables comme à l'accoutumée, mais ça ne me fait plus réagir. Madame, il faut crier, qu'ils me disent. Mais là, non, je n'ai plus envie de faire le Marine. Eux au moins, quand ils gueulent, ils sont obéis; il n'y a pas une flopée de garnements qui continue de sautiller devant eux en ricanant. Ou de bande d'ado potaches qui s'interrompt 10 secondes en les fixant anxieusement avant de poursuivre les bavardages dès qu'ils se remettent à parler normalement.
Ras-le-bol.
Je me demande si la dose d'antidépresseur que je prends suffit. Comment serait-ce sans? Et avec une dose plus forte? Parce que là, je me traîne pendant tout mon temps libre. Quand je rentre de cours, je dors. Quand je ne dors pas, je reste devant l'écran. Je regarde NCIS, Dead like me, Dexter, Desperate Housewives, Nip/Tuck, les 4400, Heroes, Medium jusqu'à épuisement puis je me mets au lit. Et le lendemain, ça recommence...

Posté par ProfAnonyme à 19:12 - Le boulot - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


29 mars 2008

Et dans un an, ils votent!

manifIl y a en ce moment une certaine effervescence dans les établissements de ma radieuse banlieue, rapport aux suppressions de postes, alors qu'il n'y a pas moins de travail. Non, le but est juste de bouffer du fonctionnaire.
Par exemple, chez nous, le rectorat a décidé de supprimer un poste de maths (18 heures) et de refiler 18 heures supplémentaires aux quatre malheureux profs de maths qui vont rester, soit plus de 4 heures sup par tête de pipe.
Tout ce que ça va produire, c'est une dégradation de la qualité des cours et la faillite de la MGEN (notre Sécurité Sociale), parce qu'au bout de quelques mois, les collègues vont craquer ou déprimer.
C'est pourquoi nous avons décidé de refuser collectivement les heures sup.
Comment réagit le rectorat? Il s'en fiche. Très bien, dit-il, vous ne prendrez qu'une heure sup et le reste sera comblé par des BMP et attribué à des TZR ou des précaires...

Inutile de vous dire que ça commence à se mobiliser chez nous. Les élèves demandent ce qui se passe, on leur explique et on leur raconte qu'ils peuvent venir aux manifestations. Je me demande s'ils connaissent le sens des mots "grève" ou "manif", car un de mes collègues a été poursuivi toute la journée par ses élèves qui lui demandaient si aller à la manif était obligatoire. Exaspéré, il a finit par dire oui aux derniers.

Et ils sont venus!

Posté par ProfAnonyme à 20:18 - Les élèves - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mars 2008

Où sont les chefs courageux?

untertanCeux qui pensent d'abord aux élèves avant de penser à leur hiérarchie? Ceux qui pensent qu'il est plus important de les faire réussir que de faire plaisir au rectorat?
Leur mission: faire le moins parler de leur établissement, limiter le nombre de conseils de discipline, limiter les exclusions, calmer les esprits. J'ai l'impression que les taux de réussite ne font plus partie de la panoplie du bon chef. J'ai connu mieux. Il y a dix ans, on leur donnait pour mission de redresser la réputation d'un bahut et ça passait forcément par une gestion ferme (et ça marchait!), alors que maintenant, ils sont juste là pour discuter avec les élèves, leur faire vaguement la morale, les recueillir le seul jour de l'année où ils daignent venir en cours... et harceler les enseignants qui ne savent pas y faire pour intéresser les élèves. Ou plutôt Les jeunes. Les adolescents. Les gamins.
Le pire dans tout ça, c'est qu'on ne respecte pas les lois de la République: obligation d'assiduité, obligation de faire le travail demandé par l'enseignant...

Ça me fait penser à un livre qu'on m'a fait lire au lycée, en classe d'allemand: Der Untertan, de Heinrich Mann (frère de Thomas).
Traduisez par Le sujet, Le soumis...
Tout y est: on courbe l'échine devant son supérieur et on s'essuie les pieds sur ses subordonnés.

Mais où sont passés le bon sens et le courage?

Posté par ProfAnonyme à 17:29 - Trop nul - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mars 2008

Deuxième phase des mutations

enfant2Je n'arrête pas de tourner et de retourner le problème dans tous les sens: dans quel ordre vais-je placer mes voeux sur ma liste? Je sais ce que je vais mettre en premier et en dernier, mais entre les deux, mon coeur balance. Ce qui bloque ma décision, c'est le LP tertiaire; onze ans que je m'en farcis, je n'en peux plus, je n'en veux plus. Mais en même temps, c'est ce qu'il y a de plus courant en centre-ville. Et si ça se trouve, ils sont très bien, là-bas...
Ou alors je mets en second choix des lycée offrant des formations variées, mais un peu plus loin, quitte à faire un peu de route chaque jour.
Côté points, je ne crains pas la concurrence. Donc si poste il y a dans les établissements que je choisis, il est pour moi. C'est pour ça qu'il ne faut pas que je me trompe; je n'aurais pas un poste par défaut, cette fois-ci.

Posté par ProfAnonyme à 16:17 - Le boulot - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2008

C'est le printemps!

période de renouveau, de projets, de renaissance, de manifestations devant le rectorat...

DSC02828

C'est officiel: j'ai obtenu ma mutation!!

Je vais pouvoir me reconstruire ailleurs, réfléchir plus sereinement à mon avenir professionnel. Mais je veux d'abord vérifier si ce que mes collègues me répètent à longueur d'années est vrai.
c'est partout pareil.

Vraiment?

Posté par ProfAnonyme à 14:54 - J'aime - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mars 2008

On a perdu le Nord!

pole_Nord

Là, il fallait situer le pôle Nord... (c'est ma faute: j'ai supposé qu'un élève de Seconde savait le faire)

Posté par ProfAnonyme à 11:10 - Les élèves - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 2008

Revendication

manifeste

Posté par ProfAnonyme à 15:03 - J'aime - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mars 2008

Le prof idéal selon l'inspection

Le prof idéal laisse les élèves découvrir le support pédagogique et sollicite leurs réactions. Ces réactions, fondées ou non sur des connaissances, en réalité inspirées par leur imagination, doivent guider la progression du cours. Car ces réactions sont des hypothèses et l'enseignant est là pour aider les élèves à confirmer ou infirmer ces hypothèses.

Je n'ai toujours pas compris à quel moment l'enseignant devait dire stop aux imbécilités proférées par les rigolos de la classe. En fait, jamais. C'est une fois de plus une manifestation odieuse de la part du professeur qui ne cherche qu'à brimer l'apprenant en lui imposant ses connaissances! Moins le prof parle et mieux c'est.

A la fin du cours, l'élève doit avoir appris quelque chose. Je ne sais pas comment il est supposé avoir appris autre chose que la joie d'avoir énoncé l'idée la plus originale et biscornue qui soit, afin d'épater ses camarades et inquiéter son enseignant.

Vous croyez que j'exagère? Lisez les analyses de Sauver Les Lettres, lisez Maschino, lisez tout ce que vous trouverez sur les dérives de l'inspection et du pédagogisme...

PS: j'ai le regret de vous avouer que je suis une enseignante mal notée et je vois d'un très mauvais œil les projets de rémunération au "mérite" tel qu'il est défini aujourd'hui par mes supérieurs.

Posté par ProfAnonyme à 10:43 - Le boulot - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mars 2008

Six manies de prof

J'ai été taguée; je dois dévoiler six de mes manies de prof. Malheureusement, je ne suis pas prof. Je suis une adulte qui, 18 heures par semaine, garde un troupeau d'adolescents.
Je suis dans un état lamentable.
Je ne crois plus au service public d'éducation.

J'ai besoin d'aller voir ailleurs: soit ailleurs en France; tenter de trouver des élèves qui sont heureux d'apprendre un métier et qui l'exerceront avec plaisir. Soit ailleurs, un autre métier, un autre départ. Pour ça, je dois prospecter (quelles aides à la reconversion ou à la création d'entreprise? si je reste fonctionnaire, suis-je prête à servir ce pays qui me déçoit de plus en plus?) Ou alors, quitter le pays.

Posté par ProfAnonyme à 13:12 - Le boulot - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2008

Gaspillage (encore)

Il y a actuellement un taux d'absentéisme de 50% dans toutes les classes de terminale BEP. Cela signifie concrètement qu'à chaque heure de cours, la moitié des élèves est absente. C'est une moyenne. Donc il y a des cours où les présents sont au nombre de 3 ou 4 alors qu'à côté ils sont 15 ou 16 (sur 24).
Il reste six semaines de cours avant les examens (vacances, ponts et grèves déduits -c'est pas que je fasse grève, mais quand une grève est annoncée, aucun élève ne vient-)

Tout va bien.
Comment réagit l'Institution? En refusant de radier, en laissant pourrir la situation, en nous demandant de faire des cours intéressants...


absencesBisci-contre 3 semaines d'appel dans une classe.

Case blanche = élève présent. Sinon, absent.

Case rouge = absence non justifiée.

24 élèves, donc 24 lignes. Chaque colonne représente un jour de la semaine.

Posté par ProfAnonyme à 10:45 - Le boulot - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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