30 janvier 2008
Pourquoi préférer soigner qu'enseigner
C'est derrière cette phrase que se cache un lien vers mon blog. Sur ce blog de véto.
Je sais, je fais trop envie, avec mon boulot de matonne prof dans mon beau lycée professionnel de sa banlieue qui déchire sa race. C'est quand même mieux que de se farcir des NAC (mygales, criquets, euh non en fait lapins, hamsters... pfff des bestioles chiantes, quoi. Aucune conversation...)
Tous jaloux!
Des hauts et des bas (beaucoup de bas)
Des hauts, il n'y en a pas, en fait. C'était juste une idée de titre, comme ça.
Je n'ai même pas réussi à tenir trois semaines sans m'effondrer totalement. Trop de soucis, trop de bordel, trop de désarroi.
Encore des antidépresseurs, encore des anxiolytiques. Mon médecin pris d'assaut par les visiteurs médicaux. Je les observe dans la salle d'attente: ils sont bien habillés, attaché-case et ordinateur portable. Ils ont l'air en pleine forme. Ils se connaissent et s'interpellent bruyamment. Maintenant ils sont quatre et s'encouragent mutuellement: Mais vas-y, vas-y, il s'en va, là! avant de s'engouffrer par deux dans le cabinet.
Puis arrivent deux types que je prends d'abord pour des clochards: petits, rondouillards, habillés comme des pèquenauds, traînant derrière eux une sorte de caddie. Je regarde de plus près: sur le caddie, c'est marqué SanofIAventIs. Bah dis donc, ils ont une drôle de politique de recrutement ceux-là!

Je suis dans une prison et je compte les semaines.
Plus que 14 semaines de cours. Puis ce sont les examens, les stages, les corrections... La libération.
24 janvier 2008
C'est sait
Les élèves me rendent leurs copies. Sur l'une d'elles, je lis: Elle c'est que je l'aime. L'auteur est encore à côté de moi. Je souligne l'erreur et je lui demande:
- C'est quel verbe, là?
- Etre!
- oui, mais ce n'est pas celui-là que tu voulais utiliser.
- ???
De longues secondes passent. Il ne sait pas. Je lui donne la réponse:
- C'est le verbe savoir. Et comment écrit-on elle sait?
- ...
17 ans.
19 janvier 2008
Ça ne s'arrange pas en bac pro
Après une courte trêve pré-conseil de classe durant laquelle mes monstres se sont comportés comme des élèves, les anciennes habitudes sont revenues: bordel épouvantable, impossible de prononcer deux mots sans que ma voix soit noyée par un flot de bavardages; à part les deux élèves qui sont scotchés à mon bureau, personne ne m'entend.
J'ai pourtant essayé les trucs habituels: gueuler pour demander le calme, me taire en les regardant fixement, écrire le titre de la leçon au tableau... Rien. Je n'existe pas. Je suis transparente et muette.
Au lieu de faire cours, je leur ai donné des révisions qui se sont faites dans un brouhaha assourdissant.
Commentaire d'un élève:
- La prof, elle doit croire qu'elle est dans une classe de SEGPA!(1)
Le lendemain, même topo, mais avec quelques décibels en moins. Disons qu'au plus fort de la vague de bavardages, les deux premiers rangs pouvaient m'entendre. J'ai même eu trente secondes de silence absolu. Ce fut un moment exceptionnel, que certains ont célébré en imitant le bruit de la mouche.
En racontant ce qui était arrivé au pauvre Prométhée, j'ai eu la question angoissée d'un élève:
- Mais c'est pas vrai ça, Madame, hein? Ça n'existe pas en vrai le foie qui repousse?
En regagnant la salle des profs pour ramasser mes affaires et partir en week-end, j'ai senti une raideur dans ma nuque et toute ma poitrine. Envie de vomir... Je ne sais pas si je vais supporter ça encore longtemps.
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(1)
Les SEGPA accueillent des élèves présentant des difficultés scolaires graves et durables.
Ils ne maîtrisent pas toutes les connaissances et compétences attendues
à la fin de l'école primaire.
15 janvier 2008
Cuisine
14 janvier 2008
Où il est question des profs
Les sujets ne sont pas toujours d'une grande originalité. "Aimerais-tu être instituteur" demande-t-on ainsi aux élèves de BEP et de CAP.
Réponses.
- Je donnerais aux élèves des devoirs à faire et des leçons à apprendre à la maison qu'ils ont des bonnes notes. Certes, je n'aimerais pas trop être instituteur car il faut avoir de la passience avec les élèves à leur apprendres des choses dans leur vie et pour leur métier et que sa leur n'intéresse pas. il y a des élèves qu'ils ne veulent ni travailler ni écouté et qu'ils font que de bavarder, il faut crier et je n'aime pas crier et je n'aime pas exclure les élèves après ils en retard par rapport à leur camarades. Je ne pourrais pas être instituteur, s'il y'a que deux ou trois éléves qu'ils écoutent pour réussir leur vie.
- Bonjour Monsieur Comment va Toulon, la vie et belle vous, vous portez bien. Mais sa va très bien votre lettre Mais plésir. Vous avez que sa ma refléchir et je me suis mis dans un rôle d'un professeur. Je me souviens les professeurs était la risé des élève il n'arrètè pas avec leur remarque que j'était un éléve gentil mais trop agité, mais je n'arrivait pas à faire la différence entre les cours et la rue mais avec le temps on mûris et tout change en nous. Quand on est proffesseur il faut être bien avec ces éléve, c'est sa la réussite d'un professseure c'est pas de fair la police mais d'être leur amis et non leur enemie. voila ce que je ferai entend que prof.
- je me vois mal entrain de fair la police ou de courir deriere des eleve qui en non rien a faire de l'ecole je ne c'est pas comment vous vous arrivé a faire. Je n'aime pas donner des ordres a des enfants de primaire et je ne pourrai pas leur leur apprendre des choses car ils sont immatures.
13 janvier 2008
Ça veut dire quoi, "obligatoire"?
Vous savez, "obligatoire", comme dans "assiduité obligatoire" ou "stage obligatoire"?
Parce que chez nous, ça ne veut rien dire... J'ai des élèves qui sont venus à mes cours deux ou trois fois seulement depuis le début de l'année (septembre) et qui sont toujours inscrits. Et qui le resteront (j'ai maintenant une certaine expérience de la gestion de l'absentéisme dans l'académie).
Il y a également des élèves qui n'ont pas fait leur stage, qui ne pourront pas le rattraper à moins que profs et administration sacrifient leurs vacances d'ici le mois de juin, mais j'ai comme la nette impression que nous allons les garder dans l'établissement sous prétexte de leur faire acquérir un maximum de bénéfices. Parce que là, ils sont éliminés de l'examen, mais tout redoublant pouvant garder le bénéfice des épreuves où il a obtenu au moins 10/20... je vois déjà ce qu'on va nous dire...
Ça veut dire que nous allons nous coltiner quelques glandeurs perdants d'avance quoi qu'ils fassent! Ça promet de devenir sportif.
Comme personne ne prend de décision, j'en prends de plus en plus. Je fais n'importe quoi.
Par exemple, j'enlève des points pendant les contrôles sous n'importe quel prétexte. Usage du portable, bavardages etc. valent désormais des points en moins sur la copie. Je ne corrige plus les copies de ceux qui ont passé l'heure à se lever pour aller voir la copie du premier de la classe ou qui ont discuté avec leurs voisins pendant tout le temps de l'évaluation malgré mes rappels à l'ordre. Tant pis pour les bulletins; j'écrirai Le comportement de Machin n'a pas permis une évaluation objective de son niveau. Jusqu'à maintenant, je mettais un point d'honneur à ne pas mêler résultats scolaires et comportement, mais comme on ne sanctionne plus les mauvais comportements, je me fais justice moi-même. En tout cas, c'est comme ça que je le perçois. Enfin, pas tout à fait car noter des contrôles durant lesquels tout le monde a triché, ça n'a pas de sens...
J'ai aussi refusé en cours des élèves qui avaient été insolents la fois précédente. Bien sûr, j'avais signalé les faits, mais comme d'habitude... aucune réaction.
"Ce n'est pas à vous de décider" que m'a répondu la direction! Ma direction, je la connais bien; elle sanctionne au minimum, ignore la possibilité de radier les élèves pour absentéisme, demande conseil à sa hiérarchie qui répond Surtout ne virez pas d'élèves, fussent-ils pénibles et absentéistes, au mépris des lois et de la jurisprudence du tribunal administratif.
Vous avez dit Mammouth? Immobilisme?
Dans "dégraisser le mammouth" on s'est trompé de cible. Les crânes d'œuf restent; c'est aux soutiers qu'on s'en prend.
09 janvier 2008
J'aime pas les bacs pro...
Les BEP, c'est pas de la tarte, mais ils sont encore si gamins, si jeunes, si manipulables... alors que les bacs (17-19 ans), c'est tout simplement con. Et de mauvaise foi. Et quand ça a une idée débile en tête, ça ne la lâche plus.
J'ai donné les moyennes semestrielles à ma classe de dingues. Ceux qui passent leurs heures de cours à gueuler, à se balancer des boulettes et à cracher par les fenêtres. Ceux qui n'écoutent pas un traître mot de ce que je peux dire. Ceux qui se lèvent en plein cours pour aller voir un copain à l'autre bout de la salle.
Bien sûr, leurs mauvaises notes, c'est de ma faute. Je leur mets des sales notes exprès. Je n'explique pas bien. Je ne sais pas noter. Et je fais lire des textes du XVIIIe siècle. Bah oui, pourquoi je ne fais pas de textes sur le Pakistan et le Tadjikistan, hein, franchement, ce serait quand même vachement plus intéressant pour un cours de Français?
Il n'y a qu'avec des bacs pro que ça m'arrive, ces contestations incessantes, cette volonté de se vautrer dans l'ignorance, de vouloir de bons résultats sans rien faire.
Puis j'ai eu mon autre classe de bacs pro, celle avec les trois dindes qui se marrent à tout bout de champ. Rien de nouveau en 2008.
Ah non m'dame, j'vous parle pas!
Et ça s'esclaffe de plus belle...
Et bien restez cons et ignares; fallait pas poursuivre vos études si ça ne vous intéresse pas.
07 janvier 2008
L'année est terminée!
En planifiant mes futurs cours, hier soir, je me suis rendu compte que l'année était quasiment terminée.
En effet, dans six semaines, c'est la fin du deuxième trimestre, et avec toutes ces histoires de grèves, de stages, de panne de chauffage, je commence ce trimestre maintenant seulement. Donc ça va être la course aux notes. J'ai déjà briefé mes élèves ce matin... qui ont eu un petit moment de sidération avant de reprendre leurs activités normales (bavardages, gribouillage, téléphone, musique...)
Après les vacances de février, il ne restera plus que six semaines également pour boucler l'année. Parce que c'est pas au mois de mai que nous allons travailler: petit bout des vacances de Pâques, jours fériés, conseils de classe qui commencent le 19... ça va être le bazar à cause des absences perlées des élèves, il va faire beau, le centre commercial n'est pas loin...
Il n'y a qu'avec les classes fonctionnant en semestres que ça va être long! Et encore...
06 janvier 2008
Décidément, les copies...

Je n'en ai pas beaucoup, mais qu'est-ce que ça m'ennuie!!
Mais surtout
SURTOUT
Il va falloir que je menace mes élèves de lourdes sanctions s'ils continuent d'écrire
Il disa
Ils croivent

