Une vie de prof

Mon blog à moi

29 octobre 2007

Et le 22 octobre, alors?

imagesEt bien rien.
Le 22 octobre, je n'ai pas lu la lettre de Guy Môquet. Faut dire qu'insérer ça dans une séquence sur le conte fantastique, c'est pas facile... Donc j'ai poursuivi ma progression normalement. Dans la salle des profs, rien non plus. Je ne sais même pas si quelqu'un dans mon bahut a lu cette lettre, et si non si c'est par oubli, par refus ou par indifférence.
Quelques jours plus tard, des élèves m'ont demandé si j'avais lu la lettre. Je leur ai répondu qu'on n'était pas dans une république démocratique (ex-pays de l'Est) avec des héros officiels à célébrer. Ils étaient contents de ma réponse.

C'est rare que je commente des décisions politiques pendant le cours, mais ça commence à bien faire cette affaire.

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28 octobre 2007

Elle sait pas compter, la prof!

- ... la conquête des Gaules se fait de -58 à -51...
- Mais M'dam', vous voulez dire de 51 à 58??

C'est toujours avec mes élèves de 18 ans. Ça m'a bien pris cinq minutes et un gribouillage au tableau pour leur faire comprendre qu'il fallait compter "à l'envers" pour les événements datant d'avant JC.

Posté par ProfAnonyme à 12:50 - Les élèves - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 octobre 2007

Amadouage de grands échalas

Je parle, je parle... mais ça bavarde et ça ne se concentre pas beaucoup.
Je m'arrête et je m'assois sur ma chaise en soufflant.
- Qu'est-ce qu'y a, M'dam'? Pourquoi vous arrêtez?
- Là, je fatigue; personne n'écoute alors je fais une petite pause. Je fatigue, vous comprenez. C'est la vieillesse. La mé-no-pause!
- Nooooon?!! Mais vous avez quel âge?
Je souris. Ils rient.

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25 octobre 2007

On y est presque!

Ma classe de fous a reconnu qu'elle n'avait pas été "gentille" avec moi, alors que moi, je le suis. Sans rire, c'est bien dans ces termes que mes élèves de 18-19 ans ont analysé la situation.
Il y a eu des moments où j'ai fait cours avec eux cette semaine, mais comment faire progresser des jeunes qui n'ont strictement aucune méthode?
Quand je dicte trois lignes, ça prend un temps fou, car ils n'arrivent pas à suivre, ne connaissent pas certains mots ou ne savent pas comment les écrire (nulle autre, pirogue, hexagone, fictif et réel, conte et comte...)
Quand je pose une question sur un document, ils ne savent pas où nous en sommes (quelle ligne? quelle question? quel graphique? on est en Histoire ou en Français?)
Quand je réponds à une question particulière, je peux être certaine que deux minutes plus tard, un autre élève me reposera exactement la même question...

Je ne sais pas comment je vais m'y prendre pour améliorer tout ce fouillis dans leur tête. Déjà, je suis heureuse qu'ils ne m'agressent plus. Je crois que je vais m'en contenter.

Posté par ProfAnonyme à 17:09 - Les élèves - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2007

Les CCF

CCF, ça veut dire "contrôle en cours de formation". En LP, les élèves passent certaines matières en contrôle continu, et non en contrôle final (examen en juin). Régulièrement, ils sont convoqués au lycée pour passer leurs examens partiels en informatique (on vérifie là qu'ils maîtrisent les logiciels de traitement de texte, de comptabilité etc). Ils sont alors plus ou moins entassés dans des salles où les ordinateurs plantent une fois sur quatre, et où ils se retrouvent entre eux (en juin aussi, d'ailleurs). Ils ont droit à leurs fiches sur lesquelles figurent les procédures. Celui qui les "oublie" a le droit de les demander à son voisin.

Les CCF sont donc un "examen" pendant lequel les élèves ont droit à des antisèches, ont droit de discuter entre eux... donc quand je surveille ce genre de réjouissances, je suis totalement à côté de la plaque: j'exige le silence, je ne tolère pas l'échange de documents entre les candidats et je passe pour une cinglée, doublée d'une nulle inutile parce que je ne sais pas pourquoi le logiciel plante, ni comment il faut faire pour arranger ça.

Parce qu'en plus, les profs aident les élèves.

La prochaine fois, j'amène des boules Quiès et un bon bouquin!

Posté par ProfAnonyme à 16:30 - Trop nul - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2007

Il y a des lycées pro qui font envie

Le lycée dans lequel j'exerce actuellement a l'air de faire partie d'une catégorie très répandue puisque les formations proposées sont: compta - secrétariat - vente. C'est fou le nombre de LP qui proposent la même chose... Je prospecte actuellement les académies vers lesquelles fuir et il n'y a que ça! D'accord, les taux de réussite dépassent de 20 à 30 points les nôtres, mais je n'ai pas trop envie de poursuivre ma carrière dans un lycée tertiaire. J'ai envie de voir autre chose. Pas envie non plus de me retrouver seul élément féminin dans une classe de futurs garagistes.

J'ai repéré deux bahuts que ce serait trop génial s'il y avait un poste pour moi l'an prochain:
- un lycée hôtelier qui a l'air hyper-dynamique
- un lycée tourné vers les métiers du graphisme qui donne envie de s'y inscrire comme élève.

Vivement les mutations!!

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16 octobre 2007

Totalitarisme?

Oui, j'exagère.
Mais ce matin, je me faisais cette réflexion sur notre manière d'agir à l'Education Nationale. En fait, nous voudrions contrôler de A à Z la vie et les pensées de nos élèves. On n'arrête pas de leur faire peur avec nos "mais pensez à votre avenir", "vous allez avoir un travail ingrat et mal payé si vous continuez comme ça" (c'est vrai que ça existe), "vous n'arriverez à rien". On voudrait les rendre conformes à notre vision de l'élève, et quand ils en ont marre d'être élèves, on fait encore tout pour les faire venir. Comme si l'évolution de la personne ne se réalisait qu'à l'école. Nous, institution scolaire, sommes les seuls à pouvoir façonner l'être humain. Quitter l'école, c'est une punition. C'est ça l'idéologie de l'EducNat. A partir de là, on comprend mieux ce qui se passe et pourquoi nous souffrons tous, les élèves comme les profs.
Nous avons peur de les lâcher dans la "vie active". Eux aussi ils en ont peur, d'ailleurs, mais vu ce qu'on leur raconte, aussi...
On veut les pousser le plus loin possible, vers l'Université de préférence, parce que c'est ainsi que nous concevons un "bon parcours". Nous méprisons les CAP et les BEP, pourtant, il y en a de recherchés; s'arrêter là, c'est "manquer d'ambition". Parce qu'après, on arrête de penser? On arrête de lire? On arrête de s'intéresser à ce qui nous entoure? On rate sa vie?

Mais on est qui, nous?

Posté par ProfAnonyme à 19:29 - Trop nul - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2007

Le dispensaire

C'est nous.
Dans le système éducatif, nous faisons partie de la catégorie de ceux qui doivent se démerder avec deux bouts de ficelle. Pas d'argent, pas de matériel, pas de moyens, pas de remplaçants... mais on accueille tout le monde, et de préférence les bras-cassés dont plus personne ne veut.
Quand je suis arrivée dans ce bahut, le taux de renouvellement chez les enseignants était de 50%. Evoquer la rénovation des locaux faisait rire les anciens... dix ans plus tard, ça y est, enfin! Nous avons enfin le plaisir de travailler dans le bruit. Remarque, le bruit, on a l'habitude, avec des élèves qui bavardent continuellement et ne s'expriment qu'en hurlant et en invectivant tout le monde, quand ils ne traînent pas dans les couloirs en ouvrant les portes des salles pour le plaisir de perturber les cours. Ou pour déclencher les alarmes. Ou mettre le feu aux poubelles des toilettes. Ou pisser dans les couloirs. Ou cracher sur les poignées...

Oui, je parle bien d'un lycée.

Il y a eu des années vivables. Des prérentrées avec des profs au complet. Mais beaucoup de précaires, dont certains ont démissionné au bout de quelques semaines. Mais ça, c'est parce qu'ils n'ont pas l'habitude des élèves qu'on a ici. Faut être bien dans sa tête pour les retrouver jour après jour, les recadrer sans les brusquer; ça demande une certaine maîtrise de soi et un regard sur ce métier qu'on peut perdre du jour au lendemain. Car rien n'est acquis. Tout est à recommencer. Tout le temps. Avec les élèves comme avec soi-même.

Les chefs restent en moyenne deux ans et demi. Les profs un peu plus. Les élèves aussi, d'ailleurs!
Depuis quelques années, nous avons de l'argent pour acheter des livres scolaires. Mais toujours pas pour le reste: photocopieuses vétustes, rétroprojecteurs cassés, téléviseurs en panne. Ça fait bien six ans qu'on réclame du nouveau matériel. Des fois, quand il arrive, il est immédiatement volé. Et pas par des élèves, je précise!

Il y a longtemps, lorsque le classement en ZEP avait été évoqué, le chef de l'époque avait refusé. Pourquoi? Mais ça aurait donné une mauvaise image de l'établissement!!

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07 octobre 2007

Voilà qui va me remonter le moral!

Vu sur un site de profs de Lettres-Histoire:

Stéphane Deshayes propose à la lecture son mémoire de DEA "IDENTITÉS PROFESSIONNELLES DES PROFESSEURS D'ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL EN LYCÉE PROFESSIONNEL: ENSEIGNANTS ÉCHOUÉS? ENSEIGNANTS EN ÉCHEC?"

Posté par ProfAnonyme à 11:27 - Le boulot - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 octobre 2007

Du bon, du moins bon

Le bon:
moment de détente avec mes collègues "qui se cachent" (j'ai trouvé leur cachette!)
ma classe de bac pro cirque a réussi à faire la moitié du travail que je demandais dans le temps imparti
j'ai revu une personne qui me manque beaucoup
j'ai cancané avec des gens qui ne se prennent pas la tête

Le moins bon:
Certains membres de la communauté éducative ne jouent pas leur rôle, refusent d'appliquer la politique définie en début d'année (le curé en particulier)
Ma classe de bac cirque continue de s'amuser en cours, surtout aux dépens de leurs professeurs
Le dernier cours de la semaine a été très bruyant malgré mes efforts
Les vacances, c'est pas pour tout de suite...
J'ai l'impression d'être redevenue une débutante, tant les difficultés s'accumulent cette année.

Posté par ProfAnonyme à 16:15 - Le boulot - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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